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"L'interrogatoire croisé est une garantie fondamentale de bonne justice": plaider court pour plaider mieux

Mai-juin 2010
Profession avocat: le magazine n°15 de mai-juin 2010

La loi du 15 juin 2000 a accordé aux avocats un nouveau pouvoir en matière pénale: celui d'interroger toute personne appelée à s'exprimer lors de l'audience - témoin, expert, prévenu ou accusé, victime, juge d'instruction s'il est appelé à comparaître, OPJ, etc. Cette nouvelle technique d'interrogatoire croisé est entrée dans les moeurs aux assises depuis longtemps, mais elle peine encore à se développer en correctionnelle.

Trop souvent, les avocats attendent encore passivement le moment de plaider et laissent aux juges le soin de poser les questions. C'est d'autant plus regrettable que l'interrogatoire croisé est une garantie fondamentale de bonne justice. On peut se demander en effet s'il est vraiment sain que le juge cumule les fonctions d'interroger et de juger. Les deux pouvoirs ne sont-ils pas incompatibles? C'est en tous cas le sentiement des étrangers lorsqu'ils assistent à nos audiences. Lorsque je forme les étudiants à cette technique - que les Anglo-Saxons appellent un art -, je leur donne deux conseils essentiels.

D'abord, savoir rester humble, correct et mesuré, car, si l'on fait peur, on n'obtient rien. Ensuite, créer une phase introductive de mise en confiance de la personne et de la contexualisation de son interrogatoire. C'est difficile en France car les juges, parfois, ne comprennent pas que l'on puisse s'éloigner du sujet, mais c'est important. En l'état, cette procédure n'est pas réglementée, contrairement à ce qu'on voit dans les séries américaines. Il revient donc au président de s'assurer que les débats restent dignes et qu'ils ne se prolongent pas indéfiniment. Aux assises, on commence à voir de vrais débats animés par l'accusation et la défense devant un président qui se tient volontairement en retrait.

Personnellement, je suis très favorable à cette évolution, d'ailleurs confortée par le rapport Léger et les débats autour de la réforme de la procédure pénale. Nous allons passer de la culture de l'intime conviction à celle du doute raisonnable.

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