Skip to main content

  • AddRemove
  • Build a Report 
Article

L’Autorité de la concurrence accepte les monopoles locaux dans le secteur de la PQR

24 October 2011
le Cercle les Echos du 24 octobre 2011

Depuis 2005, le ministre et l’Autorité ont rendu 4 décisions d’autorisation sous conditions. Deux d’entre elles ont permis la création d’un monopole local et deux autres l’expansion à des départements limitrophes. On peut dès lors s’étonner que les autorités en charge des concentrations aient accepté la création de monopoles ou de quasi-monopoles locaux dont il aurait pu être redouté qu’ils profitent de leur situation pour augmenter leurs prix vis-à-vis du lectorat et des annonceurs et mener une politique d’uniformisation éditoriale qui aurait pour conséquence d’altérer la diversité des journaux.

S’agissant des prix des journaux, les autorités compétentes ont estimé que le pouvoir de marché des opérateurs était limité. En effet, il existe un plafond de verre que les éditeurs ne peuvent franchir, sauf à perdre des lecteurs. C’est pourquoi, les prix des journaux n’ont pas suivi l’évolution des coûts de fabrication, d’édition et de diffusion, alors même que les coûts fixes sont très importants puisque représentant entre 50 et 60% du prix de vente.

Par ailleurs, une augmentation du prix facial des journaux aurait une seconde conséquence. Elle entrainerait une baisse de leur diffusion et donc, de leur attractivité auprès des annonceurs. Dès lors, les journaux vendraient moins d’espaces publicitaires et seraient donc dans l’obligation de baisser leur prix, lesquels représentent en moyenne 35% des recettes globales. Aussi, la double augmentation des prix de vente des journaux et des espaces publicitaires est-elle apparue à l’Autorité tout a fait hypothétique.

En ce qui concerne la ligne éditoriale des journaux, l’Autorité a estimé qu’il existait un risque d’altération de la qualité éditoriale des journaux. En effet, les nouveaux propriétaires chercheront à tirer avantages de l’opération de concentration en menant une politique de synergies dont certaines concerneront les contenus. L’Autorité a  considéré qu’une politique d’homogénéisation des journaux serait mise en œuvre, laquelle dégraderait leur qualité. C’est pourquoi, des engagements ont été proposés par les acquéreurs. Ainsi, chaque journal aura sa propre rédaction, d’une part, et, d’autre part, la direction de la publication sera différente de celle des journaux repris.

On peut néanmoins s’interroger si la préservation du pluralisme relève de sa compétence. Cette démarche peut toutefois s’expliquer par l’absence d’organisme indépendant en charge de la presse écrite et par sa volonté de préserver le bien-être du consommateur.

Outre ces différents arguments, lesquels ne représentent qu’une partie de l’analyse concurrentielle de l’Autorité, un autre apparaît essentiel puisque sous-tendant sa pratique actuelle. La situation économique de la PQR se dégrade de manière importante depuis plus d’une décennie, puisque concurrencé par les journaux gratuits et l’Internet. L’Autorité estime que les coûts fixes ne peuvent être absorbés sur des zones de diffusion trop restreintes. Ainsi, la pérennité du secteur passe par la recherche d’une taille critique des acteurs, qui seule permettra des synergies créatrices d’économies d’échelle par la mise en commun de moyens techniques, comme la logistique, ou des outils de travail, telles que les imprimeries, etc.

Ces quelques éléments permettent de mieux comprendre la pratique de l’Autorité dont on ne peut que saluer le pragmatisme à l’égard d’un secteur en crise que d’aucuns pourraient qualifier de tolérance. En effet, estimant que la seule voie est celle de la concentration, elle semble se refuser d’interdire toute opération de concentration même si elles les conditionnent par des engagements dont certains apparaissent difficilement contrôlables, comme ceux relatifs à la préservation du pluralisme.

The Build a Report feature requires the use of cookies to function properly. Cookies are small text files that are placed on your computer by websites that you visit. They are widely used in order to make websites work, or work more efficiently. If you do not accept cookies, this function will not work. For more information please see our Privacy Policy

You have no pages selected. Please select pages to email then resubmit.